Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

                                                                               RESTER VIVANTE
 
        Adeline DIEUDONNE, jeune romancière belge de 36 ans, nous dévoile son premier roman : La Vraie Vie.
 
    Ce roman initiatique nous emmène dans l’univers d’une famille où la violence et la cruauté d’un père traumatisent sa femme et ses deux enfants: Gilles, six ans, et la narratrice, dix ans, au début de l’histoire. Cette petite fille nous plonge dans la vie qu’elle essaie de fuir, suite à un incident qui a fait perdre sourire, innocence, et bonne volonté à son petit frère qui devient mutique. Dès lors, elle imagine possible de pouvoir remonter le temps et va tout mettre en œuvre pour y arriver. Cette "guerrière" s’accroche à sa passion pour la physique quantique et pour Marie-Curie, cherche à rencontrer une fée, mais elle reste pourchassée par un père sanguinaire et omniprésent.
    Au fil des pages, le récit pathétique, satirique et comique aux allures de conte d'Adeline Dieudonné s’apparente à une autobiographie fictive. Il  se déroule chronologiquement sur six étés. La jeune fille surdouée grandit et devient une adolescente en traversant des épreuves, comme lorsqu’elle souhaite rester invisible pour ne pas que son père la remarque: « Moi, je faisais profil bas. J’essayais de passer inaperçue (…) pour échapper à son radar. Il m’observait, je le sentais. (…) Dans ces moment-là (…) je faisais en sorte de ne plus être animée par quoi que ce soit » (p.222). Elle assiste également à la dégradation du comportement de son frère : « Gilles passait de plus en plus de temps dans la chambre des cadavres à parler à la hyène. La vermine dans sa tête avait pris le pouvoir » (p.86).
    On découvre des personnages saisissants et entiers, comme la mère, discrète, passionnée des animaux et qui appréhende son mari : « Ma mère, elle avait peur de mon père. Et je crois que, si on exclut son obsession pour le jardinage et pour les chèvres  miniatures,  c’est à peu près tout ce que je peux dire à son sujet. » (p.11).
    C’est un roman passionnant et facile à lire qui nous saisit et nous captive. Les touches de comique, le point de vue et le langage d’une petite fille de dix ans font de ce livre un roman universel et accessible à tous, même s'il aborde le sujet douloureux des violences conjugales. Dès le début, on est transporté dans l’univers étrange de la maison aux quatre chambres. On a l’impression d’être spectateur des scènes violentes et terrifiantes, on est donc très rapidement pris de compassion pour cette petite narratrice, sa mère et son frère.
                                                             
                                                                                                                                    Zélie Balmer  
 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :