Stage chorégraphique de la classe de 2A avec la Compagnie Androphyne en résidence au lycée Aliénor d’Aquitaine de Poitiers
La Compagnie Androphyne et le projet « Bodies versus objects »
La compagnie Androphyne a été créée par deux danseurs, Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel. Le nom « Androphyne » est un mot-valise, croisement entre « androgyne » et « endorphine ». Chacun des deux groupes de la classe de 2A a pu rencontrer, durant une semaine complète (du 7 au 11 avril pour le premier groupe et du 14 au 18 avril 2014 pour le second), l’administrateur Manu Ragot, et Pierre-Yohan Suc, fondateur et chorégraphe de la compagnie.
Le projet, intitulé « Bodies versus objects » a permis à chaque élève de réfléchir et d’expérimenter l’expression corporelle soumise à la contrainte d’un objet, toutes les synergies entre corps et objet. Le corps et l’objet sont donc à la fois adversaires et alliés dans la création de l’émotion, de la sensation ou du sens. La compagnie Androphyne s’est inspirée des expérimentations d’Élias Pozornski, un artiste polonais décédé en 2013, qui faisait partie du mouvement Fluxus, dans les années 60-70. Ce mouvement, influencé par le Dadaïsme, a participé aux nouvelles formes d’art du XXe siècle qui ont profondément remis en question les institutions et interrogé avec humour et dérision le statut même d’œuvre d’art, la place de l’art dans la société et le rôle de l’artiste. Élias Pozornski pratiquait son art dans la rue, sous forme de happening*, afin de le partager avec tous et non de l’enfermer dans un musée.
L’objectif du stage était la réalisation d’une vidéo-danse, à partir des chorégraphies créées par les élèves, qui sera diffusée au sein du lycée la semaine du 03 juin.
* Le happening se distingue de la simple «performance» (au sens de « représentation » ou événement artistique) par son caractère spontané et le fait qu'il exige la participation active du public.
Le déroulement du stage - Le processus de création
Les trois premiers jours ont été consacrés à la découverte d’une nouvelle conception de la danse pour les élèves, qui pensaient tout d’abord devoir réaliser une chorégraphie soit de hip hop, soit de modern jazz, ou de danse contemporaine, voire même de danse classique. Toutes les activités proposées durant ces trois jours ont donc permis aux élèves de découvrir l’univers chorégraphique de Pierre-Yohan Suc et de définir sa conception de la danse, considérée par la compagnie avant tout comme de l’expression corporelle. Quelques performances de la compagnie ont donc été projetées afin d’interroger la conception que chacun avait de la danse. Il s’agissait d’élargir cette conception au-delà même des formes contemporaines connues par certains élèves. Chaque mouvement, chaque déplacement, chaque expression est un moyen de faire parler les corps en dansant, d’exprimer des idées ou des sentiments.
Progressivement, les élèves ont appris à affronter le regard des autres, à faire confiance aux autres mais aussi à eux-mêmes, à comprendre, à s’exprimer par le langage « muet » du corps et du regard, et à libérer le corps des contraintes de bienséance ou de normes sociales. Les exercices proposés en groupe ou par binômes ont favorisé une réelle bienveillance entre eux, une plus grande ouverture aux autres, et même « un esprit d’équipe », puisque la solidarité et l’entraide ont été nécessaires lorsque le mouvement de leur corps s’est retrouvé entravé par un objet.
Une fois que cet état d’esprit a été installé, les différentes chorégraphies ont été créées par groupes de deux ou trois élèves à partir d’exercices et de recherches autour de la notion de corps en opposition ou en fusion avec un objet. Tous ont ainsi expérimenté l’amplitude et la précision du geste, et ont recherché individuellement ou par petits groupes différentes formes d’expression corporelle et de déplacement dans l’espace, liés (dans tous les sens du terme !) à l’objet de leur choix. Certains ont découvert l’exigence et l’effort que nécessite la création artistique, et le fait que la danse, telle que la conçoit Pierre-Yohan, malgré la grande liberté de ses formes, ne doit rien au hasard, à la spontanéité ou à l’improvisation. La phase de mémorisation de la chorégraphie a clôturé la première partie du stage.
Les deux derniers jours ont permis de filmer l’ensemble des chorégraphies dans divers espaces publics, tels que le quartier de la Blaiserie, ceux des Couronneries ou de Bellejouane. Afin d’opérer le choix des espaces dans lesquels les chorégraphies allaient être filmées, chaque jour de tournage a commencé par la découverte des quartiers et de leurs habitants, manière de prendre contact et de partager le projet avec un plus large public. Le dernier jour du stage, la pluie a contraint l’équipe de se retrancher dans les couloirs du lycée : ici les « habitants » n’ont pas eu à faire visiter les lieux aux artistes en herbe !
Nous attendons impatiemment le montage de la vidéo que Pierre-Yohan réalise actuellement, pour venir la projeter dans une caravane. Oui, une caravane, dans laquelle est installé un système de projection vidéo relié au pédalier d’un vélo. Seuls quatre spectateurs à la fois (dont un sportif !) pourront assister à la projection, dont le rythme et le déroulement dépendra uniquement du bon vouloir du cycliste. Alors, happening ou performance ? Ce nouveau spectacle, ouvert à cinq classes de seconde du lycée, s’intitule « Faites un effort » !
Réflexion sur l’œuvre d’art, le rôle de l’artiste
Asmma
« Une œuvre d’art ne doit pas forcément être jolie, ni même appréciée du public. Nous sommes tous capables de créer. Un processus de création peut être long comme très court, nous en avons eu la preuve, car nous avions pour mission de réaliser une vidéo-danse, mais en très peu de temps ! Nous avons réussi à la créer avec nos moyens, nos objets personnels et nous avons trouvé beaucoup d’idées. »
Inès B.
« Une œuvre d’art est une nouvelle façon d’exprimer ses sentiments et ses émotions. »
« Plonger, le roman de Christophe Ono-Dit-Biot, qui a remporté le prix Renaudot des lycéens, fait partager au lecteur, de manière très poétique, l’amour pour les fonds marins que la femme du narrateur éprouve : c’est donc par le double intermédiaire du regard de la femme passionnée par les fonds marins et celui que le narrateur porte sur cette femme qu’il aime que le lecteur a accès à la beauté. »
Léa
« Un artiste peut avoir un rôle très important dans la société. Tout artiste transmet un message par son œuvre, il peut donc avoir une influence dans une société qui n’évolue pas toujours de manière très positive. Par Le Dernier Jour d’un condamné, Victor Hugo a aidé à changer les mentalités de son temps et a lutté contre la peine de mort. »
Coralie
« Une œuvre d’art, c’est transmettre au public une opinion, une façon de s’exprimer, ou bien même une façon de voir la vie.
Quand on crée une œuvre d’art à travers une danse, une peinture, une pièce de théâtre, un court métrage ou un roman, l’important est de raconter une histoire, de faire voyager le lecteur ou le spectateur, de lui faire éprouver des émotions ou des sensations tout en lui faisant comprendre le sens de cette œuvre. L’œuvre mène à la réflexion par la justification des formes choisies et l’explication des effets qu’elle crée. L’artiste transmet une opinion ou une idée, mais le spectateur ou le lecteur qui la reçoit juge selon ses propres opinions : l’art permet de communiquer et de réfléchir la pensée que chacun se fait de la vie. »
« Au XIXe siècle, les artistes devaient suivre au pied de la lettre le mouvement dans lequel ils s’inscrivaient. Certains ont créé des polémiques, comme Gustave Courbet, notamment avec L’Atelier du peintre, peinture en grand format qui mélange différents genres picturaux dans une seule œuvre, transgressant ainsi toutes les règles académiques de son époque. Il provoque le public habitué à une classification stricte et modifie la figure de l’artiste, considéré jusqu’alors comme un « exécutant » ou un bon « technicien ».
De la même manière, Le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet fait aussi scandale. Le tableau représente une femme nue accompagnée de deux hommes entièrement habillés. Le paysage de l’arrière-plan est flou et la perspective est faussée, contrairement aux règles académiques. La polémique tourne évidemment autour du nu qui n’était alors permis en peinture que pour représenter des scènes mythologiques ; le contraste entre la femme dénudée et les deux hommes suggèrent immédiatement des mœurs dissolues.
C’est grâce à des artistes comme ceux-là que les conceptions de l’art ont changé et qu’aujourd’hui chacun est libre de créer et de s’exprimer. »
« Dans la société, nous avons besoin d’artistes. Certains réalisent des œuvres engagées qui développent notre sens de la réflexion et nous sensibilisent au sujet qu’elles dénoncent. » (voir Géricault, dans le texte de Betty)
Charlène
« Une œuvre d’art est créée pour sensibiliser le public et tenter de représenter une idée concrète ou abstraite. »
Marie B.
« Un processus de création nécessite du temps, beaucoup d’imagination et de technique. De nos jours, la société regorge d’artistes. Ils sont reconnus par les œuvres qu’ils nous transmettent et également pour les émotions qu’ils font naître. »
« Dans les romans que nous avons étudiés, les artistes transmettent leur façon de voir la vie, ou une témoignage de l’époque à laquelle ils vivent. »
Betty
« Une œuvre d’art est une création qui répond à trois critères : esthétisme, technique et signification.
Toute œuvre d’art cherche à atteindre un niveau esthétique afin de toucher le spectateur ou le lecteur, grâce à la maîtrise d’une technique, qui dépend elle-même de l’époque, le mouvement dans lequel elle s’inscrit, l’effet recherché sur le lecteur ou le spectateur. Chaque artiste a « une marque de fabrique » qui lui est propre, un style.
Une œuvre d’art exprime une idée, qui dépend de la vision du monde de l’artiste, et qui doit être compréhensible pour le spectateur ou le lecteur. Mais chaque récepteur y verra quelque chose de différent selon ses choix ou sa personnalité. »
« Le processus de création correspond à la capacité de donner existence à quelque chose en partant de rien. Il faut imaginer une œuvre, lui donner un sens, un concept et un niveau esthétique. La sensibilité de l’artiste contribue à sa créativité.
« L’artiste est au cœur de la société d’aujourd’hui. Il critique ou caricature le monde dans le but d’une prise de conscience du public. Des artistes comme ceux de la compagnie Androphyne ont la volonté de partager la culture avec le plus grand nombre de personnes possible, mais dans l’instant, dans la vie de tous les jours et de chacun.
En revanche, le narrateur de Plonger, roman de Christophe-Ono-Dit-Biot considère l’art comme un rempart qui abrite la vie et la civilisation. Conserver l’art comme une trace de l’humanité (dans des musées par exemple) est nécessaire pour marquer notre passage sur Terre. Il faut transcrire les passions humaines, les tragédies et les émotions universelles. Un monde sans art est celui de la violence et de la barbarie. »
« L’artiste est souvent provocateur, s’il crée réellement et ne se contente pas de reproduire ce qui existe déjà. Toute forme nouvelle vient bouleverser la conception que le public a de l’art. »
« Au XIXe siècle, Théodore Géricault a fait polémique avec Le Radeau de la Méduse, durant la période de la Restauration. Par calcul politique, le roi avait nommé un commandant de bord incompétent et c’est ainsi que le naufrage d’un navire royal a eu lieu. Le sauvetage des rescapés a échoué et seules cinq personnes ont réussi à survivre : durant les vingt-sept jours de naufrage à bord d’un radeau de fortune qu’une dizaine de passagers ou de marins avaient construit, le seul moyen de survie a été … le cannibalisme ! Pour dénoncer le régime monarchique et l’injustice à l’origine de ce funeste événement, le peintre a représenté avec violence et réalisme un corps coupé par le cadre inférieur du tableau. De plus, la totalité du premier plan est couvert de cadavres dont la décomposition est évoquée par les tons bruns et verts assez sombres. »
Cloé F.
« N’importe qui est un artiste, dans la mesure où il transmet dans son art ce qu’il est profondément. Une œuvre d’art, c’est l’âme de l’artiste. »
Louise
« L’œuvre d’art est en elle-même un concept relatif, car chacun en a sa propre vision. »
Mathilde C
« L’artiste donne un message au spectateur et l’amène finalement à réfléchir sur ce qu’est l’être humain. »
« L’artiste peut présenter des visions futuristes et critiquer ainsi le réel, dans le but d’éveiller la société qui est hypnotisée par le rythme du quotidien. »
Quelques avis personnels sur l’expérience vécue
Inès B.
« Le premier jour a été très impressionnant pour tout le groupe. Et pour cause : on s’attendait tous à de la danse telle que le hip hop, le classique ou le modern. Manu nous a donc expliqué que c’était de l’expression corporelle. Il y a un exercice en particulier qui m’a beaucoup apporté. L’objectif bien précis et très important était de faire confiance à autrui et à soi-même. Il fallait se laisser guider par un camarade, les yeux fermés. Il fallait avoir une totale confiance en lui. Cet exercice nous a permis par la suite de nous ouvrir aux autres, de faire équipe, de communiquer et de plus apprécier le travail de groupe. Personnellement, j’ai trouvé cette expérience vraiment intéressante, car elle m’a permis de faire confiance à des personnes à qui je n’osais même pas parler auparavant. »
« Il fallait nous exprimer physiquement. Au début, je dois avouer que sans repères et sans vraiment avoir de consigne, cela a été très dur. »
« La troisième activité ne m’a tout d’abord pas vraiment motivée. En effet, il fallait un peu plus se dévoiler. Oser. Créer. Voir le monde en grand. Élargir ses horizons. Entreprendre tout cela lorsqu’on est timide est vraiment compliqué. Pierre-Yohan nous a alors mieux expliqué l’exercice. Celui-ci consistait à avoir un de nos membres scotché au sol. Mains, bras, pieds, jambes … toutes les parties du corps étaient permises. Nos gestes devaient être très lents, très précis, très étirés, de la pointe des doigts jusqu’à la pointe des orteils. Individuellement, nous nous sommes mis au travail. Le final rendait vraiment bien. C’était vraiment impressionnant. Nous ressemblions à des statues, qui, d’un seul coup, devenaient vivantes et apprenaient à vivre. »
« Après avoir visité le quartier, nous avons commencé le tournage avec, pour le premier jour trois binômes - « les parapluies », « corps à corps avec un objet », et « tourbillion » - et un trio, intitulé « scène de crime ». Le lendemain, nous avons filmé la chorégraphie de deux binômes – « danse avec les ballons » et « course sautillante » - et un trio, « danse scotchée ». »
« J’ai adoré cette semaine de stage. Elle m’a appris à ouvrir mon regard sur la danse et avoir un esprit critique sur l’expression corporelle. »
Asmma
« J’appréhendais beaucoup cette semaine de stage : quand l’administrateur est venu nous montrer des vidéos des performances de la compagnie Androphyne, j’ai trouvé ça louche, mais j’ai jugé trop vite ! ».
« J’ai beaucoup apprécié l’expérience, Pierre-Yohan nous mettait de la musique et grâce aux massages, on se sentait bien, on ne voulait pas que ça se termine. J’espère que d’autres classes pourront en profiter car le stage met une sorte de « zénitude » dans nos têtes. »
Betty
« Nous avons discuté avec Manu en fin d’après-midi. Il nous a expliqué le sens de sa compagnie, ses attentes, ce qu’il recherchait et j’ai trouvé ce moment très enrichissant, parce que l’on pouvait sentir son émotion quand il parlait. Il est très attaché à sa compagnie, c’est un univers dans lequel il se sent vraiment bien et la manière dont il en a parlé m’a touchée. »
« La compagnie Androphyne est toujours en quête de nouveauté artistique. Ce sont des personnes entières et très saines d’esprit qui préfèrent la recherche artistique à la célébrité. Ce sont des personnes très généreuses avec qui nous avons eu un bon feeling. »
« C’est une semaine qui s’est montrée très enrichissante et amusante. Et quand on se dit « tiens, c’est terminé ! », c’est très décevant je trouve, parce que c’est une occasion unique. »
Cloé F.
« La chorégraphie que l’on avait créée changeait tout le temps. L’environnement, les lieux, les conditions climatiques nous poussaient constamment à faire des modifications ou des améliorations. Notre créativité ne s’arrête jamais, elle évolue en permanence. L’envie de raconter des histoires avec notre corps nous fait nous évader de tout le reste. »
Louise
« Au début, comme la plupart d’entre nous, j’étais réticente. Nous ne considérions pas ce que nous faisions comme de la danse. C’était sans doute trop nouveau pour nous et trop différent de ce que l’on avait l’habitude de voir. Mais au final, je pense que nous avons eu une très grande chance de participer à ce projet parce que cela nous a ouvert les yeux sur l’art en général.
Nous avons appris notamment que l’art de la danse n’a pas forcément besoin d’être esthétique ou artificiel. Le mouvement en lui-même peut raconter quelque chose, quel qu’il soit. »
Victoria
« Faire un geste et apprendre à le refaire à chaque fois de la même manière n’est pas une chose aussi facile qu’on peut le prétendre. »
Avec certaines activités que nous avons faites, danser en faisant des mouvements répétitifs, ou encore s’enrouler autour d’une rubalise avec des gens qui nous regardent de manière étrange, il a fallu apprendre à contrôler notre peur du ridicule. »
Marie B.
« Cette semaine m’a permis de me donner une autre idée de la danse, que je connaissais déjà un peu pour avoir, durant plusieurs années, fait de la danse modern-jazz. J’ai découvert d’autres genres d’expression corporelle. »
« Ce projet nous a fait découvrir un autre univers et pourra peut-être nous conduire à d’autres choix d’orientation … »
« Le projet a été une bonne expérience et dans l’ensemble, il y avait une bonne ambiance dans le groupe. Tout le travail réalisé en musique et autour de la danse a fait que nous avons communiqué différemment, que nous nous sommes vus autrement qu’en cours.»
Mélissa
« Ce stage nous a donné une nouvelle image de l’art et de la danse. Pour créer ce type de danse, il faut se détendre, ne pas s’occuper des autres, ne pas voir honte, être soi-même tout simplement. »
Charlène
« Quand on est en tournage, on n’a pas droit à l’erreur. C’est pour cela que nous avons eu plusieurs jours de répétition et de préparation physique et mentale. »
Coralie
« Cette semaine nous a vraiment permis de nous rapprocher. Nous avons créé des liens en apprenant à mieux nous connaître. Tout au long de la semaine, nous avons été tous ensemble à devoir perfectionner nos mouvements, à nous entraider lorsque nous devions par exemple attacher une partie de notre corps au sol ou à un objet avec du scotch, ou bien même quand nous avions besoin d’avis extérieur sur les réalisations ou les idées pour le projet.
Je dirai que les trois premiers jours ont été les plus intenses en réflexion. J’ai compris qu’au final, même si nous paraissions ridicules, il fallait être fiers de ce que nous faisions et l’assumer pleinement. Lorsque Pierre-Yohan nous a dit que nous allions avoir des membres scotchés dans un lieu public où il y aurait des gens, les réactions ont toutes été les mêmes. Nous lui avons dit que nous allions passer pour des fous, il nous a répondu que pour faire son métier, il fallait être fou. Et de là, le déclic est venu. Pour moi, à partir de cet instant, l’idée du regard des autres m’importait peu. Tout ce qui comptait, c’était le résultat, le fruit de notre travail à tous. Lorsque nous réalisions ces mouvements il ne fallait en aucun cas s’excuser de les avoir faits, d’avoir laissé parler notre corps à la contrainte d’un objet. »
Léa
« Nous avons appris que l’on pouvait exprimer des sentiments et faire parler nos corps en dansant. Nous avons découvert une autre façon de voir la danse, et aussi comment se passait un tournage. C’est une très bonne expérience. »