L’écriture d’Arden, le premier roman de Frédéric Verger publié chez Gallimard en 2013, a duré cinq ans. L’auteur est professeur agrégé, et enseigne dans la banlieue parisienne.
L’histoire se passe pendant la Seconde Guerre mondiale, en Marsovie (en Europe centrale) où Alexandre et Salomon (les personnages principaux) vont vivre un nombre impressionnant d’aventures.
« La Marsovie » est la traduction française de la principauté imaginée par Franz Lehar (le « Pontévédro » dans la version autrichienne, région parodique du Monténégro, petit état des Balkans) au début du siècle dans l’opérette La Veuve joyeuse. Alexandre de Roucoule, gérant de l’hôtel « Arden » aux portes de la forêt du même nom, est un grand séducteur. Quant à Salomon Lengyel, c’est un tailleur juif de petite envergure qui est plutôt solitaire. Ces deux hommes sont unis par leur passion commune : les opérettes. Ils en ont écrits ensemble un grand nombre mais ne les finissent jamais, car ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la fin.
Les quarante premières pages d’Arden sont un bloc dont il est difficile de sortir, car il s’agit d’un concentré de dates, de personnages et de leurs mini-biographies. De plus, le livre n’est pas découpé en chapitres, ce qui renforce l’impression de bloc.
Après ces premières pages, il devient plus facile de lire, car l’action commence réellement.
Une fois lancé dans le livre, on peut difficilement s’arrêter, une fois encore à cause du découpage qui, généralement, permet de prendre une pause dans la lecture.
Au cours de l’histoire des deux personnages, on tombe sur deux ou trois exemples d’opérettes écrites par Alexandre et Salomon, qui sont l’une des caractéristiques spéciales du livre avec le découpage.
Ce qui est peu énervant est de devoir se munir d’une feuille pour noter quels sont les personnages, leurs liens dans l’histoire, et d’un dictionnaire pour comprendre le vocabulaire soutenu parfois utilisé, comme à la page 42, 43 : « pathético-ironique », « hypocondrie », « hagarde » … Certains mots viennent même d’une langue étrangère et leur sens n’est pas expliqué, comme à la fameuse page 43 : « yiddish », « schlemihl » …
Pour un premier roman, ce livre est plutôt réussi, malgré un certain nombre de problèmes qui rendent sa lecture compliquée, voire même peu agréable à certains moments.
Thibault B