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Sulak de Philippe Jaenada

Philippe Jaenada, écrivain français, est né en 1964. En 1997, il a publié chez Julliard Le Chameau Sauvage, qui a reçu le Prix Flore et le Prix Alexandre-Vialatte, et qui a été adapté au cinéma par Luc Pagès sous le titre A+ Pollux ; puis en 1999, Néféréti dans un champ de canne à sucre ; La Grande à bouche molle (2001) ; Le Cosmonaute (2002) ; Vie et mort de la jeune fille blonde (2004) ; Plage de Manacorra, 16h30 (2009) et La Femme et l'ours en 2011. Sulak est son huitième roman, qui compte 490 pages.

La soeur de Bruno Sulak, Pauline Belmihoub (née Sulak), a largement contribué à la documentation essentielle à la biographie de son frère. Bruno Sulak était jeune, beau, il défraya la chronique judiciaire et séduisit tous ceux qui l'approchèrent, jusqu'au célèbre policier qui mit fin à ses cinq années de cavale effrénée. Bruno Sulak vient d'une famille polonaise qui vivait en Algérie avant l'indépendance. C’est un homme très intelligent, humain, affectueux, très respectueux de la vie humaine, qui n'a jamais mis la vie d'une personne en danger malgré ses braquages. Sulak vole par rébellion car il est en colère contre les injustices.
Sulak est un roman étonnant car la biographe a une affection très marquée pour son personnage. Le style de l'auteur, souvent plein d’humour et d’ironie, enchevêtre de longues parenthèses les unes dans les autres. Le lecteur peut éprouver quelques difficultés à se repérer dans la première partie de l’œuvre, qui expose la généalogie de la famille de Sulak, à cause de la multitude de dates et l’abondance de personnages : on change de personnages à chaque chapitre. De plus, dans la suite du roman, les personnages de braqueurs changent eux-mêmes souvent d'identité. C'est un roman historique qui raconte la vie d'un jeune homme, devenu bandit malgré lui, par la force des choses. Sulak est en quelque sorte un second Mesrine (l'ennemi public numéro 1), mais en plus moral, de qui plus personne n'a parlé depuis sa disparition car les circonstances de sa mort restent troubles. Le braqueur n'est pas un vrai bandit car quand il vole, il n’accorde pas réellement de valeur à son butin : il ne vole pas pour l’appât du gain, mais pour marquer son insoumission aux règles sociales qu’il considère comme injustes. Malgré ses braquages, c'est un homme au grand cœur, d’une fidélité hors-normes en amitié et aussi en amour, un homme qui est très respectueux de la vie humaine car il ne s'armait que de balles blanches.

Sulak est donc une biographie fascinante, intéressante par les questions qu’elle soulève, et qui forme un éloge émouvant du personnage éponyme.

Charlène C

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